
Internet a créé un univers de nouvelles formes de communications pour les jeunes. ils peuvent utiliser les courriels, sites Web, bavardoirs, messageries instantanées et messages textes (SMS) pour
rester en contact avec leurs amis ou s’en faire de nouveaux.
Même si la plupart de ces interactions sont positives, de plus en plus d’enfants et d’adolescents s’en servent pour intimider et harceler les autres, une pratique qu’on désigne désormais sous le
terme de cyberintimidation. Un sondage mené par le Réseau éducation-Médias en 2005 a montré que 34 % des élèves canadiens ont déjà été victimes de cyberintimidation, dont 27 % sur Internet.
Les jeunes internautes ont créé leur propre univers de communications interactives souvent inconnu des adultes et peu supervisé. Les adeptes du harcèlement préfèrent bien évidemment opérer loin
du regard des adultes, et la Toile est l’outil idéal pour contacter quelqu’un n’importe où et n’importe quand. Du coup, pour beaucoup de jeunes, même la maison n’est plus un refuge contre la
cruauté de certains de leurs camarades d’école.
Le caractère anonyme d’Internet fait que les jeunes s’y sentent plus libres de commettre des actes qu’ils n’oseraient pas envisager dans la vie réelle. L'enquête menée en 2005 par le Réseau
éducation-Médias a établi que 60 % des élèves se sont déjà fait passer pour quelqu'un d'autre en ligne. Et, de ces derniers, 17 % l'ont fait pour pouvoir « être méchant avec les autres sans en
subir les conséquences ». Même si on parvient à retracer leur identité, ils peuvent toujours prétendre que quelqu’un a volé leur mot de passe. Rien ne les oblige à admettre les faits. Quand il
est impossible de prouver la culpabilité d’un individu, la peur du châtiment diminue de beaucoup.
Selon Nancy Willard, du Responsable Netizen institute, ce type de communications à distance affecte également le comportement éthique des jeunes en les empêchant d’être directement témoins des
conséquences de leurs actes sur les autres. Ce qui diminue aussi de beaucoup la compassion ou le remords. Les jeunes écrivent en ligne des choses qu’ils ne diraient jamais en personne parce
qu’ils se sentent loin de leur victime et des résultats de leurs attaques.
il existe différentes formes de cyberintimidation. Parfois, il s’agit d’insultes ou de menaces directement envoyées à la victime par courriel ou messagerie instantanée. Les jeunes peuvent aussi
faire circuler des commentaires haineux visant une personne en particulier par le biais du courriel et des messageries instantanées, ou en les affichant sur des sites Web. ils le font souvent
sous une fausse identité en utilisant le mot de passe de quelqu’un d’autre. Ceux d’entre eux qui ont une bonne connaissance de la technologie sont même capables de monter un vrai site Web,
souvent protégé par un mot de passe, pour cibler certains élèves ou enseignants.
Par ailleurs, de plus en plus de jeunes sont victimes d’intimidation par le biais de messages textes envoyés sur leur cellulaire. Ce type de communication échappe complètement à la surveillance
des adultes. Contrairement aux ordinateurs installés dans un endroit passant à la maison, à l’école ou à la bibliothèque, les cellulaires sont totalement personnels, privés, toujours connectés et
accessibles. Les jeunes les gardent généralement ouverts toute la journée et peuvent ainsi se faire harceler à l’école et jusque dans leur propre chambre à coucher.
Certains cellulaires possèdent même des appareils photo intégrés qui ajoutent une nouvelle dimension au problème. Des élèves s’en sont déjà servi pour prendre la photo d’un élève obèse dans les
douches après un cours de gymnastique et, quelques minutes plus tard, la photo circulait sur toutes les adresses de courriel de l’école.
Les institutions scolaires ont de la difficulté à enrayer le phénomène de la cyberintimidation, particulièrement à l’extérieur de l’école. Les enseignants peuvent généralement intervenir en
cas de harcèlement ou de persécution dans la vie réelle, en classe ou dans la cour de récréation, mais l’intimidation en ligne échappe au radar des adultes, ce qui la rend difficile à repérer à
l’intérieur de l’école et impossible à contrôler à l’extérieur.
La cyberintimidation et la loi
Les jeunes devraient savoir que certaines formes de cyberintimidation tombent sous le coup de la loi. Le Code criminel considère que communiquer de façon répétée avec quelqu’un de manière à lui
faire craindre pour sa sécurité ou celle de ses proches est un acte criminel.
Il est également criminel de publier un libelle, qui insulte quelqu’un ou peut nuire à sa réputation en l’exposant à la haine, au mépris ou au ridicule.
La cyberintimidation peut aussi violer la Loi sur les droits de la personne si elle répand haine et discrimination basées sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, le
sexe, l’orientation sexuelle, le statut marital ou familial et les handicaps physiques ou mentaux.
Le rôle des fournisseurs de services Internet (FSi) et de téléphonie cellulaire
Les compagnies qui fournissent des services Internet ont presque toutes des politiques d’utilisation qui définissent clairement les droits et obligations de leurs clients, tout comme les
sanctions encourues par les contrevenants.
Les fournisseurs de services Internet et de téléphonie cellulaire sont en mesure de réagir quand on leur signale un cas de cyberintimidation sur leur propre réseau. ils peuvent également aider
leurs clients à trouver le fournisseur concerné quand il s’agit d’un autre réseau.
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